Info grippe A

Information du 20 novembre 2009

Information septembre 2009

Madame, Monsieur,

La pandémie à virus grippal A(H1N1)v n’épargne pas notre pays, où actuellement le virus circule de manière soutenue. Comme les autres pays de l’hémisphère nord, nous allons devoir affronter dans les semaines à venir une vague épidémique plus importante que celle qui survient chaque année avec la grippe saisonnière. Ce nouveau virus est peut-être plus transmissible, mais ne semble pas plus dangereux que celui de la grippe saisonnière.

Vous ou votre enfant êtes actuellement traité(s), ou avez été récemment traité(s), à l’Institut Gustave Roussy (IGR). Si les complications de la grippe peuvent toucher des sujets jeunes, indemnes de toute pathologie, celles-ci sont plus fréquentes dans certains groupes à risque, dont vous ou votre enfant faites  éventuellement partie :

  • cancer (ou son traitement) entraînant une diminution significative de vos défenses contre les infections : ce point est à définir avec votre médecin référent,
  • maladie respiratoire, cardiaque, neurologique ou rénale chronique,
  • traitement prolongé par l’aspirine,
  • diabète non équilibré par le seul régime,
  • toute diminution avérée des défenses immunitaires (prise de corticoïdes au long cours, absence de rate, infection par le VIH, greffe d’organe solide…),
  • obésité,
  • alcoolisme chronique avec maladie du foie,
  • âge supérieur à 65 ans.

Deux autres populations sont à haut risque de complication : les femmes enceintes, surtout au 3e trimestre de la grossesse,  et les enfants de moins de 5 ans (surtout de moins de 1 an), a fortiori lorsqu’ils sont porteurs d’une maladie chronique.

Que devez-vous faire ?

Avant tout, discuter avec votre médecin traitant et/ou votre médecin à l’IGR du risque réellement encouru, probablement proche de celui lié à la grippe saisonnière.

En cas de syndrome grippal caractérisé (fièvre ou courbatures ou fatigue ET toux ou essoufflement, à début brutal), vous devez rapidement contacter votre médecin ou pédiatre traitant. S’il n’y a pas de signe de gravité évident (troubles de la conscience, comportement anormal, température inférieure à 35° ou au contraire fièvre élevée résistant au paracétamol, respiration rapide), votre médecin vous remettra un masque et, selon les cas, pourra vous prescrire un traitement antiviral adapté ou décider d’une hospitalisation, en lien avec le SAMU - Centre 15. En présence de signes de gravité d’emblée, le médecin que vous aurez joint vous  précisera la marche à suivre.

Un traitement antiviral peut également se justifier, sur avis médical, en cas de contact étroit avec un malade grippé, en particulier dans l’entourage familial.

Il est fortement déconseillé de se rendre directement à l’hôpital en cas de syndrome grippal, qu’il s’agisse des urgences ou des consultations spécialisées, pour éviter une saturation des établissements et en raison du risque d’épidémie hospitalière, qui pourrait toucher les médecins, infirmières et autres patients.

Vous ou votre enfant devez également vous faire vacciner (sauf contre-indication) non seulement contre le virus A(H1N1) dès qu’il sera disponible, mais également et le plus tôt possible contre le virus saisonnier classique, ce qui nécessitera 2 ou 3 injections au total (un intervalle de 3 semaines entre les deux vaccins antigrippaux est recommandé). La vaccination contre le pneumocoque peut vous être également proposée.

Les groupes prioritaires pour la vaccination contre le virus H1N1 ont été définis par le Haut Conseil de santé publique le 7 septembre dernier, et hiérarchisés. Après les personnels de santé, il s'agit :

  1. des femmes enceintes après le début du 2e trimestre, de l'entourage des nourrissons de moins de 6 mois, et des nourrissons âgés de 6 à 23 mois avec facteur de risque;
  2. des patients âgés de 2 à 64 ans avec facteur de risque.
  3. des nourrissons âgés de 6 à 23 mois sans facteur de risque et des sujets âgés de 65 ans ou plus avec facteur de risque
  4. des sujets âgés de 2 à 18 ans sans facteur de risque

Pour les patients sous chimiothérapie, le calendrier d'administration des vaccins sera défini avec le médecin référent. Il est volontiers proposé de vacciner entre deux cures ou plus de 2 semaines avant une cure.

L’Institut Gustave Roussy se prépare activement à cette vague épidémique, sur la base des recommandations disponibles. A l’occasion d’un prochain passage dans notre hôpital, pour une hospitalisation ou une consultation, votre médecin pourra vous fournir des informations complémentaires.

Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en l’assurance de mes sentiments dévoués.

Professeur Thomas TURSZ

Pour en savoir plus


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