Bilan d’extension tumorale
Quels
que soient les signes présentés initialement par le patient,
l’extension de la maladie conditionne le choix du traitement et doit
donc être soigneusement appréciée.
Le bilan de l’extension tumorale, une fois réalisé, va permettre de donner une classification de la maladie. Selon la
classification d'Ann Arbor (1971), on mettra en place une stratégie thérapeutique adaptée.
Actuellement, la
classification histologique parfois réalisée, n’a plus d’influence sur le traitement à choisir.
Interrogatoire et examen clinique

L’interrogatoire
recherche des signes généraux : fièvre, sueurs nocturnes,
amaigrissement, qui sont des indicateurs de l’importance de la maladie.
L’examen
clinique précise les zones ganglionnaires atteintes, la taille du foie
et de la rate. Si des ganglions sont suspects, il est important de
vérifier s’ils comportent des cellules tumorales ou non. On réalise
alors un prélèvement de cellules ou une biopsie. Certaines atteintes
sont rares chez l’enfant et demandent à être confirmées : atteinte des
ganglions axillaires (< 15% ces cas), iliaques (< 10% des cas) ou
inguinaux (< 10% des cas). L’atteinte du
cavum
est exceptionnelle (< 1% des cas) et, seule, une biopsie permet de la
différencier d’une simple augmentation de volume des végétations.
Radiographies thoraciques standards, Scanner thoracique
- Ces examens vont permettre de rechercher une extension de la maladie, au-dessus du diaphragme .
- Le scanner explore les ganglions du médiastin, les poumons, les
enveloppes pulmonaires (plèvre) et cardiaques (péricarde). Il peut
révéler des atteintes passées inaperçues sur un simple cliché du thorax
et visualise au mieux les extensions possibles au niveau des coupoles
du diaphragme.
- L’atteinte pulmonaire
peut être évidente sur une simple radiographie quand il existe des
images sphériques disséminées, contiguës à une atteinte ganglionnaire
médiastinale . Elle est parfois suspectée devant une image sphérique
unique ou multiple de moins d’un centimètre. On doit alors confirmer le
diagnostic par biopsie de l’une de ces masses sphériques.
- Dans l’état actuel des connaissances, il n’apparaît pas nécessaire
de remplacer le scanner par une imagerie par résonance magnétique (IRM).
- Ces
examens sont complémentaires et seront réalisés de manière couplée. Ils
ont pour objectif la recherche d’une extension de la maladie de Hodgkin
sous le diaphragme. Grâce à ces examens, on explore l’ensemble des
ganglions abdominaux. Dans le même temps, on étudie la taille et
l’aspect du foie et de la rate, à la recherche de zones tumorales.
- Lorsqu’il n’y a qu’une augmentation isolée du foie, sans anomalie à
l’imagerie, on discute de la nécessité éventuelle de réaliser une
biopsie. En revanche, lorsqu’il y a des images arrondies, détectées à
l’échographie, associées à une atteinte des ganglions au niveau du foie
ou de la rate, il est nécessaire de réaliser une biopsie.
- Dans la très grande majorité des cas, ces deux examens, réalisés
par des radiologues expérimentés, sont considérés comme suffisants pour
explorer la région située sous le diaphragme. Ils seront aussi
réalisés lors du suivi thérapeutique. L’échographie servira à suivre
l’évolution d’anomalies, initialement visualisées par les deux examens.
Le scanner permet de faire le point de manière périodique.
Tomographie d’émission de positrons (PET-Scanner)
L’imagerie
fonctionnelle par
tomographie par émission de positons (PET) utilise le
18-Fluoro-Désoxy-Glucose, traceur qui se fixe lors d’une augmentation
locale de consommation de glucose. Elle est devenue un standard dans le
bilan d’extension initiale. L’utilisation de cet examen, couplé au
scanner, permet de fusionner les images morphologiques et métaboliques
et plusieurs études montrent une meilleure efficacité diagnostique par
rapport au scanner seul pour le bilan de l’extension initiale. De même,
une négativation précoce de cet examen après le début du traitement,
signe d’une sensibilité importante de la maladie au traitement,
pourrait servir de critère pour adapter la suite du traitement.
Biopsie médullaire
- Pour les enfants ayant une maladie étendue de stade III ou IV
ou avec des signes généraux, on va rechercher une atteinte de la moelle
par une biopsie médullaire. L'atteinte de la moelle osseuse est le plus
souvent localisée, rarement massive. L’examen des cellules de la moelle
permet de retrouver les cellules de Reed-Sternberg, à la base du
diagnostic de la maladie.
- Comme l’atteinte osseuse, cette atteinte médullaire est d’autant
plus rare qu’il n’existe pas de signes généraux et que l’extension de
la maladie est limitée.
- Depuis
que l’examen par PET est devenu un standard dans le cadre du bilan
d’extension de la maladie, la scintigraphie au Technetium à la
recherche d’une atteinte osseuse a moins d’indication.
- L’IRM peut aussi contribuer à préciser des anomalies identifiées
sur l’examen par PET (atteinte osseuse ou infiltration médullaire).
Elle peut être indiquée dans certains cas, telle la suspicion d’une
compression médullaire par atteinte épidurale ou pour déceler une atteinte de la moelle épinière.
Bilan biologique
- Le
bilan biologique doit comporter une numération des cellules sanguines
qui peut montrer une augmentation des globules blancs, en particulier
des globules blanc dits éosinophiles, une diminution des lymphocytes et
des plaquettes. La présence d’une anémie peut être le signe d’une
atteinte de la moelle osseuse mais peut aussi s’observer en cas
d’augmentation importante du volume de la rate.
- La vitesse de sédimentation est d’autant plus élevée qu’il existe une extension de la maladie et des signes généraux d’évolution.