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Actualités
 Une première série mondiale en
chirurgie gynécologique
La chirurgie mini-invasive prend une place de plus en plus
importante en gynécologie. Un nouveau pas vient d’être franchi à l’IGR,
où
une série de patientes atteinte d’un cancer du col de l’utérus vient
d’être
traitée par une technique innovante, dite Single port.
Malgré
l’espoir soulevé par la vaccination, le cancer du col de l’utérus reste
au
niveau mondial le 2e cancer chez la femme. Grâce aux travaux du Dr
Sébastien Gouy, spécialiste en chirurgie mammaire et gynécologique au
département de Chirurgie générale de l’IGR, les patientes qui présentent
une tumeur à un stade avancé bénéficient aujourd’hui d’une innovation
technique. « Chez ces patientes, avant de débuter le traitement par
radio-chimiothérapie, les ganglions lombo-aortiques situés dans l’abdomen
doivent être ôtés chirurgicalement. Il existe en effet un risque
d’envahissement par la tumeur qui pèse considérablement dans les facteurs
pronostiques, explique le Dr Gouy. La technique que nous avons
mise au point permet de réaliser cette intervention en pratiquant une
seule incision cutanée très discrète, au lieu des cinq incisions
habituellement nécessaires. »
Interventions
mini-invasives
Concrètement, un examen d’imagerie médicale* vérifie si la
tumeur s’est étendue aux ganglions. En fonction de ses résultats, la
région à traiter par irradiation est élargie pour inclure les ganglions
touchés. « Mais lorsque la tumeur est volumineuse – plus de 4 cm
– il arrive dans 12 % des cas environ qu’elle atteigne les ganglions
lombo-aortiques sans que cela ne soit détecté par l’imagerie. Le curage
est la seule solution pour le vérifier et adapter le champ
d’irradiation », poursuit le chirurgien. Cette intervention
utilise une technique mini-invasive, la cœlioscopie, qui permet d’accéder
à la cavité de l’abdomen sans ouvrir la paroi, en introduisant par de
petites incisions cutanées des trocarts, sortes de grosses aiguilles.
Mais
elle laisse 5 ou 6 cicatrices inesthétiques, souvent mal vécues par des
patientes encore jeunes. Le Dr Gouy a donc eu l’idée d’adapter une
technique déjà employée en urologie ou en chirurgie digestive, dite
Single port, ou trocart unique. « Depuis janvier
2011, 19 patientes ont bénéficié de cette innovation à l’IGR ».
Aucune complication n’a été à déplorer et les patientes affichent une
meilleure satisfaction qu’avec la chirurgie classique. Il existe aussi
probablement une atténuation de la douleur, toutefois difficile à
quantifier. Désormais, le Dr Gouy pratique systématiquement cette
intervention. « Mon objectif est de la pérenniser et de
l’améliorer », conclut-il.
* TEP : tomographie par
émission de positons.
Décryptage
 Colostomie périnéale pseudo-continente : une
alternative à l’anus artificiel
Historiquement
portée
par l’IGR, cette technique chirurgicale peu diffusée offre une très bonne
qualité de vie.
Après un cancer de l’anus ou du bas rectum, on peut
être amené à retirer en totalité les sphincters de l’anus. La solution
classique est alors de pratiquer une colostomie, c’est-à-dire une
dérivation qui relie le côlon à la paroi de l’abdomen, où les selles sont
recueillies dans une poche étanche. Cet « anus artificiel » est
un système simple qui permet souvent une bonne qualité de vie. « Mais
cette solution, qui altère le schéma corporel, est parfois très mal
supportée », explique le Dr Frédéric Dumont, spécialiste de
chirurgie digestive et hépato-biliaire à l’IGR.
Préserver
l’intégrité corporelle
Dès 1990, une alternative a été développée à l’IGR :
la
colostomie périnéale pseudo-continente. « L’abouchement se situe
cette fois-ci au niveau du périnée. On utilise du tissu musculaire
prélevé
sur l’ancien côlon pour reconstituer un néosphincter, qui permet une
bonne
continence des selles », explique le Dr Dumont. Réservée aux
patients demandeurs – souvent assez jeunes – et ne présentant pas de
problèmes neurologiques, cette technique offre l’avantage majeur de
préserver l’intégrité corporelle. En revanche, elle impose de pratiquer
toutes les 48h. une irrigation via une sonde introduite dans la
colostomie. « L’IGR a été l’un des grands promoteurs de cette
technique dans le monde, avec l’équipe toulousaine du Pr Lazorthes.
Plusieurs études ont confirmé qu’elle est fiable, sûre et qu’elle offre
une bonne qualité de vie», ajoute le Dr Dumont. Pourtant, la
colostomie périnéale pseudo-continente n’est toujours pratiquée que par
ces deux équipes pionnières en France, alors que neuf patients sur dix la
plébiscitent. « Ils viennent parfois de très loin pour en
bénéficier. Notre objectif est de renforcer la formation pour qu’un plus
grand nombre puisse y avoir accès. »
À noter aussi...

Une nouvelle ère : la
« contractualisation »
L’IGR a officiellement lancé la « contractualisation
interne », engagement pluriannuel fort pris entre la Direction
générale et les départements à partir de contrats d’objectifs et de
moyens
(COM). La signature des deux premiers le 11 octobre 2011 a donné lieu à
une
table ronde qui a réuni une centaine de managers autour d’Alexander
Eggermont, Directeur général, Charles Guépratte, Directeur général
adjoint et les deux chefs de départements pilotes : Jean
Bourhis, (radiothérapie), Karim Fizazi (médecine oncologique). Fondée
sur la volonté d’offrir une large délégation aux acteurs de terrain,
cette
démarche a été unanimement reconnue par les partenaires comme facteur de
modernisation des modes de gestion, d’organisation et de management, et
comme levier de performance. D’ici fin 2012, tous les départements
auront signé leur COM avec la Direction générale.

Forte
participation à la Journée Douleur de l’IGRPatients
et proches se sont rendus plus nombreux encore qu’en 2010 à la Journée
Douleur organisée le 17 octobre dernier à l’Institut Gustave Roussy à
l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la douleur. Conçue pour
favoriser les échanges et présenter les ressources de l’Institut en
matière de prise en charge, la journée a permis des débats interactifs,
grâce aux animations mises en place par les professionnels de l’IGR.
Outre
les conférences et les jeux de rôle, un film réalisé pour l’occasion a
été
projeté aux patients. Il invitait à réfléchir aux résistances
individuelles à l’usage des opioïdes*.
* Médicaments
anti-douleur dérivés de l’opium.
Tout l'agenda de
l'IGR
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3 Questions à…
Didier Motto, coordonnateur des plateaux techniques à la direction
des
Soins et organisateur des journées Manipulateurs Radio de l’IGR

Le 14 octobre s’est tenue
la
2e journée des Manipulateurs Radio de l’IGR. Quel en a été
l’objet ?
Initiée en 2010 et présidée par
le Pr Schlumberger*, chef du département d’Imagerie médicale, cette
journée propose aux manipulateurs en électroradiologie de l’IGR mais
aussi
externes ainsi qu’aux étudiants, une formation autour d’une thématique.
Cette année, nous nous sommes intéressés au « Cancer de la
prostate : du diagnostic aux traitements », sujet que nous
avons
exploré dans ses aspects aussi bien techniques, que médicaux,
psychologiques ou de prise en charge de la douleur.
Pourquoi traiter ce thème de manière
globale ?
C’est le
concept même de cette journée : les manipulateurs radio sont des
soignants à part entière, et non uniquement des techniciens.
L’originalité
de notre démarche est donc d’offrir des contenus sur tous les aspects de
la
prise en charge, qui tous concernent notre profession -quel que soit le
secteur d’activité - surtout en cancérologie. Quand un patient suit par
exemple un traitement de radiothérapie tous les jours pendant 5 semaines
en moyenne, il est pris en charge par des manipulateurs. Il est donc
important que ceux-ci soient associés à la prise en charge de la douleur
et intègrent la dimension psychologique des
soins.
Quel bilan
faîtes-vous ?

Deux cent vingt personnes, dont 130 étudiants, ont
participé à la journée, soit un peu plus que l’année dernière. Leur
satisfaction s’est traduite lors des échanges, mais aussi dans les
questionnaires d’évaluation. Date et thème sont déjà programmés pour
l’année prochaine : le 12 octobre 2012, la journée sera consacrée
aux
« Cancers de l’enfant ». Nous espérons aussi avoir suscité des
vocations, car même si la profession ne souffre plus de pénurie de
personnels comme il y a quelques années, l’arrivée prochaine à l’IGR de
nouveaux équipements nécessitera le renforcement des équipes.
*
Également directeur de l’École de cancérologie de l’IGR.
Portrait
Natacha Logé, infirmière principale de nuit dans le
département de Pédiatrie

Soigner la
nuit
Lorsque Natacha Logé obtient
son diplôme d’infirmière en 1996, elle n’a qu’une envie : travailler
en pédiatrie. Elle se tourne alors vers l’IGR et obtient un poste…. en
équipe de nuit. Commence pour elle une vie professionnelle particulière -
« de 19 h. à 7 h., 3 nuits par semaine » -, une vie en
décalé qu’elle n’a jamais songé à changer car la pratique de nuit revêt
des particularités auxquelles elle s’est vite attachée. « La nuit,
l’Institut devient plus calme. Pour autant cela ne signifie pas que les
soins s’arrêtent ! La prise en charge des patients est permanente,
les soins étant administrés sur 24 h. Notre métier est donc tout
aussi technique que le jour. Des étudiants sont d’ailleurs accueillis en
stage au sein de l’équipe, comme dans celles de jour. De plus, les
relations humaines ont une dimension singulière. Le personnel étant moins
nombreux que le jour, nous fonctionnons en équipe unique pour les 3
unités
du service. Que ce soit entre collègues ou avec les patients, ce
dispositif
resserre indéniablement les liens »,
explique-t-elle.
Plus proche des patients
Outre les
soins,
il arrive parfois qu’il faille se substituer aux parents pour endormir
les
enfants. « Nous faisons fonction de maman ou de papa pour les
accompagner dans le sommeil ou les aider à se rendormir. La présence des
Dames en rose en début de nuit nous y aide. Cette démarche de confiance
est importante pour que les parents puissent eux-aussi se
reposer ». Côté qualités requises : « autonomie,
discernement et réactivité sont indispensables »,
souligne-t-elle. Le service, qui compte 32 lits, accueille aussi les
urgences, prises en charge en journée par l’hôpital de jour. Elle ne
cache pas que cette vie est assez fatigante, le plus difficile étant
d’alterner les rythmes. Mais cela ne l’a empêché ni de construire une
famille ni de progresser dans son métier. « Je suis la
preuve qu’on peut s’épanouir et évoluer dans la profession en travaillant
de nuit », insiste Natacha Logé, également diplômée en
puériculture, et promue infirmière principale depuis 2005.
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