La recherche
Remonter d’un niveau

UMR 8126

Responsable
Joëlle Wiels

Oncogenèse et résistance à l’apoptose, groupe de Joëlle Wiels


Joëlle WIELS - DR2, CNRS   
Chercheuses
Evelyne MAY - DREM CNRS
Martine RAPHAËL - PU-PH, Université Paris-Sud XI
Ingénieures
Aude ROBERT - IR Université Paris Sud XI
Patricia HUGUES - IE Université Paris Sud XI
Doctorantes
Sonia CHELOUAH
Anaïs PUJALS
Master
Sandy BALKARAN - Master 2 Cancérologie

Travaux et objectifs

Le lymphome de Burkitt, prolifération maligne de lymphocytes B, est très fréquemment associé au virus d'Epstein-Barr (EBV).
Nos objectifs principaux consistent à mieux comprendre le rôle de certaines protéines virales ou cellulaires dans les processus de transformation tumorale ainsi qu'à décrypter les voies de signalisation de l'apoptose déclenchée dans ces cellules par divers stimuli.

Mécanismes de l’apoptose des cellules de lymphome de Burkitt

Cette partie de nos activités comporte deux grands axes.
Tout d’abord, nous avons montré que la fixation de différents ligands sur l’antigène Gb3/CD77, l’un des marqueurs spécifiques des cellules de Burkitt, induit leur apoptose. Récemment, l’étude de la voie de signalisation induite par l’un de ces ligands, la Vérotoxine-1 (VT-1), a mis en évidence l’implication de la caspase-8 et de son inhibiteur cFLIPL, de deux membres pro-apoptotiques de la famille Bcl-2 (Bax et Bid) ainsi que de la protéine phosphatase 2A (PP2A). Nous poursuivons actuellement l’analyse des bases moléculaires de ce processus en nous intéressant notamment au rôle joué par l’arrêt de la synthèse protéique induit par la VT-1 et plus spécifiquement au rôle du stress du réticulum endoplasmique.
Par ailleurs, nous nous intéressons aux effets de la réactivation de la p53 sur le devenir des cellules. On sait, en effet, que l’inactivation de cet anti-oncogène joue un rôle important dans la transformation des cellules de Burkitt et nous avions montré précédemment que cette inactivation peut résulter de la formation de complexes entre la p53 et l'un de ses interacteurs cellulaires, MDM2. Nous avons donc utilisé divers agents capables de perturber ce complexe (des oligonucléotides antisens (AS), des siRNA ou la nutline 3, un antagoniste fonctionnel de MDM2) et montré qu’ils provoquent l’activation de la p53 qui induit alors la production de Bax et l’apoptose des cellules.

Rôle d’EBV dans la résistance à l’apoptose

Dans les cellules tumorales infectées, EBV est présent sous forme épisomale. Des protéines virales dites « de latence » sont alors exprimées de manière variable et trois grands types de latence sont classiquement observés dans les différentes tumeurs associées à EBV. De plus, un sous type d’EBV présentant une délétion de son génome a été décrit dans 15 à 20% des biopsies de Burkitt.
Nous avons observé que les cellules de Burkitt porteuses de ce sous type viral étaient beaucoup plus résistantes à l'apoptose – induite par le VT-1 ou par diverses drogues – que les cellules porteuses d’une souche sauvage d’EBV. Nous avons montré que la forme tronquée de la protéine virale EBNA-LP est impliquée dans cette résistance car elle est capable d’interagir avec la PP2A et d’inactiver les voies d’apoptose nécessitant l’activation de cette phosphatase. Des résultats récents indiquent cependant que d’autres partenaires viraux ou cellulaires sont nécessaires à l’effet inhibiteur du complexe EBNA-LP tronquée/PP2A sur l’apoptose.
Nos travaux actuels consistent à identifier ces partenaires potentiels.
Par ailleurs, lors de nos travaux concernant l’induction de l’apoptose par des agents ciblant le complexe p53/MDM2, nous avons observé que les cellules EBV(+) en latence III (Burkitt et syndromes lymphoprolifératifs post-transplantation) sont beaucoup plus résistantes que les autres. Récemment, nous avons montré que dans ces cellules en latence III, la protéine anti-apoptotique Bcl-2 est surexprimée et qu’elle inhibe l’action pro-apoptotique de la protéine Bax, produite après traitement par la nutline 3. ABT-737, un composé qui bloque l’hétérodimérisation de Bax et Bcl-2 restaure la sensibilité des cellules EBV (+) au traitement par la nutline. Nous nous attachons actuellement à tester l’effet de ce composé in vivo dans des modèles de souris xénogreffées. De plus, comme certaines de nos expériences réalisées in vitro montrent qu’il existe une synergie entre ABT-737 et d’autres composés anti-tumoraux, nous testons également l’effet combiné de ces produits sur les tumeurs in vivo.

Publications

Collaborations nationales et internationales

Ludger Johannes, UMR 144, Institut Curie, Paris, France
Catherine Patte, Département de Pédiatrie, Institut Gustave Roussy, Villejuif, France
Vincent Ribrag, Département de Médecine, Institut Gustave Roussy, Villejuif, France
Alan Rickinson, UK Institute for Cancer Studies, University of Birmingham, United Kingdom

Activités d'enseignement

Membre du Comité Scientifique et Pédagogique de l'Ecole Doctorale de Cancérologie de l'Université Paris-Sud 11
Cours pour le M2 de Cancérologie

Protocoles utilisés

Biologie cellulaire
Culture et transformation de cellules de mammifères
Création de transfectants stables
Marquage par immunofluorescence et observation en microscopie optique
Explorations cellulaires par cytométrie en flux
Biologie moléculaire
Purification d'ADN génomique et d'ARN
Clonage et transformation bactérienne
PCR quantitative
Utilisation d'oligonucléotides antisens
Interférence ARN
Biochimie
Préparation d'extraits cellulaires et nucléaires
Électrophorèses en gel
Analyse des protéines par western blot
Immunoprécipitation
Purification et caractérisation de glycolipides
Fractionnement cellulaire (purification des domaines riches en glycolipides ("rafts")
Analyse de l'activité de diverses glycosyltransférases
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