
Chimiothérapies adjuvantes dans les cancers bronchiques
Depuis maintenant plus de 20 ans, les médecins ont prouvé que l’adjonction d’une chimiothérapie adjuvante après chirurgie augmentait le taux de guérison de certains cancers et en particulier des cancers du sein et du colon.
Les cancérologues et statisticiens de l’Institut Gustave-Roussy (Dr Thierry le Chevalier coordonnateur de l’étude, Jean-Pierre Pignon statisticien au Département de Santé Publique de l’IGR) ont mis en place une étude randomisée dans les cancers bronchiques Non à Petites Cellules (NAPC) pour savoir si une chimiothérapie adjuvante, après résection chirurgicale, apportait les même bénéfices dans cette pathologie.
Cette étude, internationale, a débuté en 1995 et les inclusions ont été closes en 2000. Elle a porté sur 1867 patients, avec une randomisation entre les patients traités par chirurgie seule d’une part et par chirurgie plus chimiothérapie adjuvante d’autre part.
Sa particularité réside dans le choix de considérer pour cette études, différentes sortes de chimiothérapies, et non un seul protocole précis. Plusieurs combinaisons de chimiothérapies à base de Cisplatine, à des doses diverses, pouvaient être choisies.
Les résultats collectés et analysés démontrent un avantage significatif en faveur de la chimiothérapie adjuvante. En effet, le taux de guérison à 5 ans est augmenté de 5%, passant de 40 à 45%. Ce bénéfice est du même ordre que celui obtenu avec la chimiothérapie adjuvante dans les cancers du sein et du colon.
Si l’on considère que ces tumeurs concernent environ 8 000 patients par an en France, cela signifie qu’environ 400 d’entre eux seront sauvés (et 15 000 dans le monde).
Il s’agit de la plus grande étude internationale menée à ce jour par une Institution hospitalière dans les cancers bronchiques. Elle a nécessité des besoins très importants : le soutien d’un PHRC, de subventions de l’ARC, de la Ligue Nationale contre le Cancer et du FEGEFLUC en plus des moyens mis en place par l’Institut Gustave-Roussy en particulier au niveau de ses Départements de Santé Publique et de Médecine. Le suivi des malades inclus dans cette étude dans le monde entier a été très pointu puisque moins de 2% étaient« perdus de vue» en 2002.
On peut considérer que cette étude va profondément modifier la stratégie thérapeutique des cancers bronchiques NAPC dans le monde puisque la chimiothérapie adjuvante après résection devient la référence.
Cette publication fait l’objet d’une présentation en séance plénière(15 000 personnes) au congrès de l’American Society of Clinical Oncolgy (ASCO) le 2 juin 2003.