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Communiqué de presse
Villejuif, mercredi 5 avril 2006

Identification d'une signature génomique pronostique de l'évolution du mélanome

Une équipe de l'Institut de cancérologie Gustave Roussy dirigée par le Dr Alain Spatz, pathologiste, a identifié un groupe de 254 gènes dont l'expression dans la tumeur peut prédire l'évolution des patients atteints de mélanome. La revue scientifique Journal of the National Cancer Institute publie aujourd'hui l'article relatif à ce travail de recherche.

Après le traitement standard des patients atteints d'un mélanome cutané, deux évolutions possibles sont observées : certains patients évoluent bien, sans récidive 4 ans ou plus après le traitement, d'autres évoluent mal et ces patients développent des métastases ou décèdent de leur maladie. Des critères sont utilisés pour prédire si un patient à une tumeur à haut ou à faible risque évolutif comme l'épaisseur tumorale mesurée au microscope. Cependant, ces critères sont parfois pris en défaut.

Les chercheurs ont donc analysé l'expression de 44.000 gènes dans les mélanomes cutanés grâce à une technologie dite « à haut débit » permettant la mesure simultanée du niveau d'expression de plusieurs milliers de gènes. L'expression de ces gènes a ensuite été comparée entre les patients ayant eu une évolution favorable et ceux chez qui est survenue une métastase ou le décès avant 4 ans. Cette analyse a permis d'isoler 254 gènes dont l'expression est différente entre les patients ayant une bonne évolution et ceux ayant une mauvaise évolution. Ces 254 gènes représentent une « signature» pronostique du mélanome cutané.

Cette signature pronostique pourra permettre d'identifier dès la consultation initiale les patients à haut risque évolutif. Pour ces patients, des alternatives thérapeutiques devront donc être envisagées et validées dans le cadre d'essais thérapeutiques.

Parmi ces 254 gènes, les chercheurs ont ensuite identifié une voie biologique dont l'activité est associée à une mauvaise évolution de la maladie. En particulier, l'étude a permis de mettre en évidence 2 protéines qui interviennent dans le processus de réplication de l'ADN (des hélicases qui permettent de séparer les 2 brins d'ADN au niveau des fourches de réplication). Ces 2 protéines sont donc des cibles potentielles pour la mise au point de nouveaux traitements des mélanomes de mauvais pronostic.

Ces découvertes ont été permises grâce à une collaboration européenne de haut niveau dans le cadre du groupe Mélanome de l'Organisation Européenne pour la Recherche et le Traitement du Cancer (EORTC).

Cette collaboration a permis :

Le mélanome de la peau est responsable d'environ 7.250 nouveaux cas et de 1.350 décès par an en France. La principale cause du mélanome de la peau est l'exposition aux rayons ultraviolets A et surtout B. Actuellement, il n'existe aucun traitement médicamenteux des mélanomes cutanés montrant une efficacité totale. La prévention contre l'exposition au soleil est donc primordiale et ces nouvelles découvertes ouvrent des perspectives d'espoir.

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Page modifiée le 16/11/2006 à 17:58
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