Communiqués de presse

Communiqué de presse
Villejuif, lundi 5 juin 2006

Chimiothérapie « à la carte » grâce à un test prédictif dans les cancers du poumon NAPC opéré

Le Dr. Jean-Charles Soria, cancérologue, spécialiste en pathologie thoracique à l'Institut de cancérologie Gustave Roussy, a présenté au congrès international de l'ASCO (American Society of Clinical Oncology) les résultats de l'étude IALT Bio, samedi 3 juin 2006 à Atlanta.

Cette étude à aboutit à la mise au point d'un nouveau test, simple, peu coûteux, permettant de prédire le bénéfice de la chimiothérapie adjuvante (c'est-à-dire après chirurgie) pour les personnes atteintes d'un cancer du poumon non à petite cellule (NAPC) dès le début de la prise en charge. Des alternatives thérapeutiques devront être proposées à ceux pour qui le bénéfice de cette chimiothérapie, à base de cisplatine, n'est pas avéré.

Il s'agit d'une étude rétrospective portant sur 761 patients dont les échantillons tumoraux ont été réunis grâce à un consortium international (France, Autriche et Suisse essentiellement).

On connaît le mode d'action du cisplatine : il se lie à l'ADN des cellules cancéreuses et les tue. On sait également que les cellules « échappent » à cette action grâce à une enzyme ERCC1 qui « détache » les molécules de cisplatine de l'ADN.

L'observation clinique a montré que tous les patients ne répondent pas positivement à cette chimiothérapie adjuvante.

L'équipe du Dr. Soria s'est intéressé au niveau d'expression de l'enzyme ERCC1 en émettant l'hypothèse suivante : une forte expression d'ERCC1 chez un patient sera associé à une moindre efficacité de la chimiothérapie adjuvante, et inversement.

Le Dr. Jean-Charles Soria (Institut de cancérologie Gustave Roussy) et le Pr Pierre Fourret (Institut de cancérologie Gustave Roussy – Université de Paris VI) ont donc mis au point un nouveau test prédictif : une technique d'évaluation histochimique de l'expression d'ERCC1.

Chez les patients qui expriment faiblement ERCC1 (56%), donc la population sensible à la chimiothérapie, le risque de décès individuel diminue de 33% (contre 14% dans la population de l'étude IALT). Des alternatives thérapeutiques devront être testées et proposées aux patients qui expriment fortement ERCC1 dans le cadre d'essais cliniques (avec d'autres types de chimiothérapie par exemple).

Rappel - L' étude IALT (International Adjuvant Lung Trial, menée par le Pr. Thierry Le Chevalier, Institut de cancérologie Gustave Roussy et présentée au congrès de l'ASCO 2003) avait permis de mettre en évidence une diminution du risque de décès individuel de 14%, un bénéfice absolu en terme de survie à 5 ans de 4,1%, et un bénéfice en terme de survie sans rechute à 5 ans de 5,1%, chez les patients ayant reçu une chimiothérapie adjuvante dans le traitement du cancer du poumon NAPC. Cette chimiothérapie adjuvante, à base de cisplatine, a depuis été intégrée en traitement standard de ce type de cancer. IALT Bio a pour but de mieux cerner la population sensible à cette chimiothérapie.
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