
Communiqué de presse
Paris, le 5 mai 2004
Alors que l'organisation des soins et le fonctionnement du système de santé sont au cœur des préoccupations des politiques, des professionnels et des patients, on sait que les réseaux d'imagerie représentent un enjeu central pour la qualité des soins, leur suivi et la réorganisation de l'offre de soins en France.
Parce que l'imagerie s'inscrit aujourd'hui au cœur de la démarche diagnostique et thérapeutique et qu'elle intervient de plus en plus tôt dans le parcours de soins, les réseaux d'imagerie constituent une des étapes préliminaires indispensables à la mise en place et au développement des dossiers patients informatisés et des systèmes d'information médicale, présentés hier comme une urgence par Philippe Douste-Blazy, Ministre de la Santé et de la Protection Sociale. Proposant un dossier informatisé pour tous les patients, Philippe Douste-Blazy a notamment déclaré : « en quelques secondes, le médecin pourra savoir exactement quels sont les actes médicaux qui ont été prescrits, les médicaments délivrés, les antécédents du malade ».
Si l'intention est louable, il convient de souligner pourtant que près de 20 ans après l'apparition des premiers systèmes de partage des informations médicales (imagerie, biologie, traitements et suivi…), la France comptait en 2001 une douzaine d'hôpitaux universitaires équipés en réseau ; ils étaient seulement 16 deux ans plus tard en 2003. Rappelons que notre pays compte 3 171 établissements hospitaliers publics ou privés. Cette situation place la France en dernière position par rapport à ses voisins européens.
Notre pays représente, en effet, une partie congrue du marché européen des réseaux, de l'ordre de 15 %, c'est-à-dire 2 à 3 fois plus faible que celles de l'Allemagne, du Royaume-Uni ou des pays nordiques pris dans leur ensemble. Pourtant, tout le monde s'accorde aujourd'hui sur l'utilité des systèmes d'information médicale et des réseaux d'imagerie intégrés, au service d'un « dossier patient » qui assurent l'archivage, le partage et la traçabilité de l'ensemble des données de santé. Ils ont fait leurs preuves là où ils existent, en France et à l'étranger, en termes de bénéfice patient et plus collectivement en terme d'organisation des soins et d'optimisation des ressources.
De la prévention aux traitements et à leur suivi, le déploiement des réseaux d'imagerie s'inscrit dans un contexte de santé publique qui les rend absolument nécessaires. Ils sont nécessaires, en effet, pour répondre aux différentes obligations légales et engagements politiques pour une amélioration de la qualité des soins :
Ces nouvelles obligations ou ces enjeux réaffirmés dans un contexte de contrainte des dépenses publiques et de déficit en ressources humaines, plaident pour le développement des systèmes d'information et des réseaux d'imagerie qui sont susceptibles d'améliorer la qualité des soins et du suivi des patients, d'augmenter la productivité des services de santé, d'optimiser l'organisation et la gestion des soins.
Ces bénéfices individuels et collectifs ont été démontrés. En outre, toutes ces technologies et les savoir-faire sont aujourd'hui disponibles et largement utilisés dans de nombreux pays.
Comment rattraper un tel sous-développement ? Le constat de ce retard français souligne la nécessité d'une volonté politique pour promouvoir le développement de ces réseaux, qui devrait associer en particulier :
NB : L'association Imagerie Santé Avenir qui regroupe la grande majorité des industriels du secteur de l'imagerie médicale s'attache notamment, depuis sa création en 1999, à mesurer, grâce à des études qualitatives et quantitatives, l'impact du retard français en équipements, sur la qualité et l'offre des soins. L'Association, au-delà de ce travail d'analyse et de réflexion, constitue une force de proposition du secteur.