
7 sept : Chimiothérapie « à la carte » grâce à un test...
Communiqué de presse
Villejuif, jeudi 7 septembre 2006
L'étude IALT Bio présentée par le Dr. Jean-Charles Soria, cancérologue, spécialiste en pathologie thoracique à l'Institut de cancérologie Gustave Roussy, au congrès international de l'ASCO 2006 (American Society of Clinical Oncology), est publiée aujourd'hui dans le New England Journal of Medicine et fait l'objet de l'éditorial de la revue.
Cette étude à aboutit à la mise au point d' un nouveau test, simple, peu coûteux, permettant de prédire le bénéfice de la chimiothérapie adjuvante (c'est-à-dire après chirurgie) pour les personnes atteintes d'un cancer du poumon non à petite cellule (NAPC) dès le début de la prise en charge. Des alternatives thérapeutiques devront être proposées à ceux pour qui le bénéfice de cette chimiothérapie, à base de cisplatine, n'est pas avéré.
Les travaux, menés dans cette étude, ont permis de corréler le niveau d'expression de la protéine ERCC1 dans la tumeur des patients, avec le bénéfice de la chimiothérapie adjuvante. Plus le taux d'ERCC1 est faible et plus le bénéfice de la chimiothérapie sera probant.
On connaît le mode d'action du cisplatine : il se lie à l'ADN des cellules cancéreuses et les tue. On sait également que les cellules « échappent » à ce phénomène par l'action de la protéine ERCC1 qui « détache » les molécules de cisplatine de l'ADN.
Le Dr. Jean-Charles Soria (Institut de cancérologie Gustave Roussy) et le Pr. Pierre Fouret (Institut de cancérologie Gustave Roussy – Université de Paris VI) ont donc mis au point un nouveau test prédictif : une technique d'évaluation histochimique de l'expression d'ERCC1.
Chez les patients qui expriment faiblement ERCC1 (56%), donc la population sensible à la chimiothérapie, le risque de décès individuel diminue de 33% (contre 14% dans la population de l'étude IALT) grâce à la chimiothérapie. Des alternatives thérapeutiques devront être testées et proposées aux patients qui expriment fortement ERCC1 dans le cadre d'essais cliniques (avec d'autres types de chimiothérapie par exemple).

Rappel - L' étude IALT (International Adjuvant Lung Trial, menée par le Pr. Thierry Le Chevalier, Institut de cancérologie Gustave Roussy, présentée au congrès de l'ASCO 2003 et publiée dans le NEJM en 2004) avait permis de mettre en évidence une diminution du risque de décès individuel de 14%, un bénéfice absolu en terme de survie à 5 ans de 4,1%, et un bénéfice en terme de survie sans rechute à 5 ans de 5,1%, chez les patients ayant reçu une chimiothérapie adjuvante dans le traitement du cancer du poumon NAPC. Cette chimiothérapie adjuvante, à base de cisplatine, a depuis été intégrée en traitement standard de ce type de cancer. IALT Bio a pour but de mieux cerner la population sensible à cette chimiothérapie.