
Livret préparé par le Professeur Martin Schlumberger, chef du Service de Médecine Nucléaire à l’Institut Gustave Roussy
Chirurgie de première intention, traitement des récidives, des séquelles laryngées, chirurgie préventive chez les patients présentant un risque génétique

La thyroïde est un organe situé au niveau du cou. Sa fonction principale est la sécrétion d'hormones dites "thyroïdiennes". Compte tenu du fait que ces hormones contiennent de l'iode, la thyroïde est le principal organe "capteur" d'iode de l'organisme.
Il existe trois types de cancers de la thyroïde :
Les cancers papillaires et folliculaires sont les plus fréquents (85% des cas) et seront les seuls étudiés dans ce chapitre.
Le facteur de risque essentiel est l'exposition aux radiations, surtout lorsque celle-ci a lieu dans l'enfance. Il est important de noter que l'administration de produits radioactifs à visée diagnostique (scintigraphie...) chez l'adulte n'augmente pas le risque de cancer de la thyroïde.
Le cancer de la thyroïde peut être découvert lors d'une compression au niveau du cou ou de l'apparition de ganglions.
En fait, le cancer de la thyroïde se présente fréquemment sous la forme d'un nodule, d'une boule anodine au niveau du cou. Cette situation est extrêmement fréquente et n'est pas toujours en relation avec un cancer.
L'orientation diagnostique consiste à regrouper des arguments en faveur d'un cancer ou de nodules non cancéreux.
L'orientation diagnostique repose sur 4 éléments : l'échographie du cou, le dosage de la TSH, la scintigraphie thyroïdienne et la cytoponction.
L'échographie mesure les nodules, en précise la nature (liquide ou solide) et les caractéristiques, le dosage de la TSH cherche une hyperthyroïdie et la scintigraphie cherchera à déterminer si le nodule capte l'iode.
L'élément majeur est la réalisation d'une cytoponction. Il s'agit d'une piqûre au niveau du nodule. Cette piqûre ramènera des cellules issues du nodule, et ces cellules seront analysées au microscope.
En fonction des éléments apportés par ces examens, l'équipe soignante décidera de réaliser ou non une chirurgie.
Celle-ci sera en général une thyroïdectomie totale, c'est-à-dire qu'elle retire toute la thyroïde. Parfois, le chirurgien pourra également retirer les ganglions du cou au moment de l'intervention.
Suite à la chirurgie, l'anatomopathologiste examinera la thyroïde et portera un diagnostic définitif. Celui-ci définira s'il s'agit d'un cancer ou d'une lésion bénigne, et du type de cancer.
Pour en savoir plus : La prise en charge chirurgicale des tumeurs de la thyroïde
Une fois le diagnostic posé et la chirurgie réalisée, on pourra réaliser une administration d'iode radioactif (iode 131, encore appelée "irathérapie"), en fonction des données de la chirurgie (importance de l'exérèse, taille de la tumeur...). Ceci a un triple but : thérapeutique, que diagnostique et de surveillance. L'administration d'iode 131 détruira les restes de cancer non retirés par la chirurgie.
Enfin, le traitement comprendra la prise d'hormones thyroïdiennes, puisque la chirurgie a retiré toute la thyroïde.
Toute cette démarche concerne les cancers de la thyroïde localisés.
En cas de lésions à distance, par exemple dans les os ou les poumons, le traitement sera différent et pourra faire intervenir l'iode 131, la chirurgie des lésions, ainsi que la radiothérapie.
L'ordre des traitements ainsi que la décision de réalisation seront déterminés par l'équipe médicale.
Le suivi repose sur deux examens : le dosage de la thyroglobuline, protéine qui n'est produite que par la thyroïde et dont le taux dans le sang est indétectable après traitement et l'échographie cervicale.
Comme tout dosage de marqueur tumoral, le dosage de thyroglobuline doit être interprété avec précaution par le médecin, et ne pas donner lieu à des fausses interprétations par le patient.