
Les cancers O.R.L. les plus fréquents sont des carcinomes épidermoïdes qui se développent au niveau de la muqueuse de la bouche, des amygdales, du pharynx ou bien du larynx (cordes vocales). Leur survenue est parfois précédée de lésion précancéreuse. Ces cancers sont le plus souvent liés à la consommation d'alcool et de tabac. Mais de plus en plus fréquemment, nous voyons des patients sans intoxication et pour lesquels le cancer peut être dû la présence de Papillomavirus (comme pour les cancers du col de l'utérus).
Les autres types de cancers sont plus rares au niveau des voies aéro digestives supérieures et bénéficient aussi de la prise en charge très spécialisée de l'Institut Gustave Roussy :
Enfin, nous prenons en charge de nombreux patients avec des tumeurs bénignes comme celles des glandes salivaires, notamment de la parotide ou des lésions précancéreuses notamment au niveau de la cavité buccale.
Comme pour les autres cancers, les symptômes révélateurs sont très variables. Ils peuvent être anodins ou d'emblée alarmants.
Les symptômes les plus classiques sont :
Le diagnostic repose sur la visualisation de la tumeur et sa biopsie.
La tumeur sera visualisée en consultation par un examen clinique simple (tumeur de la bouche) ou par un examen endoscopique par nasofibroscopie (en passant par le nez un petit fibroscope) puis sous anesthésie générale lors de la: panendoscopie. Au cours de cet examen, des biopsies seront réalisées. Celles-ci permettront d'analyser le contenu de la tumeur et de poser un diagnostic de certitude. Dans certains cas, une analyse cytologique (ponction à l'aiguille) suffit.
Une fois le diagnostic posé, d'autres examens sont réalisés pour faire un bilan de l'extension du cancer et de l'état général. Ils ne sont pas tous effectués de façon systématique mais sont fonction des caractéristiques propres à chaque malade.
Examens radiologiques par tomodensitométrie (scanner), par imagerie par résonnance magnétique (IRM) qui permettent de préciser le volume de la tumeur, l'état des os, des cartilages et des muscles.
Une tomodensitométrie thoracique/abdominale recherche une extension à distance (métastases).
Une radiographie panoramique précise l'état de la denture.
Des examens notamment de sang permettent de faire un bilan de l'état général.
On recherche également un autre cancer lié au tabagisme qui peut être associé, comme un cancer du poumon.
Le traitement du cancer O.R.L. est multidisciplinaire et sera réalisé en fonction de la localisation de la tumeur, de son extension (taille, rapports avec les structures avoisinantes, ganglions et localisations secondaires), et de l'existence d'autres maladies chez le patient. Le choix du traitement est souvent difficile et sa réalisation complexe, c'est la raison pour laquelle le choix est fait en Réunion de Concertation Pluridisciplaire (RCP) .
Les traitements sont basés sur la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie isolées ou leur associées.
L'objectif du traitement est double : contrôler la tumeur et assurer la meilleure qualité de vie possible grâce à la chirurgie plastique reconstructrice et à la mise en oeuvre de protocole de préservation d'organe (par exemple pour éviter une laryngectomie totale).
La chirurgie est fréquemment utilisée. Elle s'adresse généralement aux tumeurs bien limitées. Outre l'ablation de la tumeur et des tissus environnants, le chirurgien enlève également les ganglions concernés. La chirurgie a accomplis d'énormes progrès et permet souvent aujourd'hui de réaliser en une seule intervention l'ablation de la tumeur et le remplacement des tissus retirés par des tissus prélevés dans le voisinage ou plus à distance (lambeaux)
L'association radiothérapie et chimiothérapie est souvent utilisée après la chirurgie mais elle permet également dans certains cas d'éviter une chirurgie mutilante ou de traiter des tumeurs ne pouvant pas être retirées d'emblée. Le choix est effectué en RCP en fonction de l'extension et de la localisation de la tumeur. Depuis 2008, vous bénéficiez à l'IGR de l'ouverture du nouveau plateau technique de radiothérapie permettant de profiter des techniques les plus innovantes avec un maximum de sécurité.
La chimiothérapie utilise des produits de plus en plus efficaces. Elle peut être utilisée avant la chirurgie ou la radiothérapie pour faire diminuer la taille de la tumeur ou pour éviter une chirurgie mutilante (protocole de préservation laryngée). Elle nécessite la mise en place d'un cathéter ou d'une chambre implantable pour réaliser les perfusions sans avoir à piquer dans les veines des bras. La chimiothérapie est aussi utilisée en même temps que la radiothérapie. Il existe de nombreux schéma d'administration qui vous serons expliqués en détails. De plus en plus, nous utilisons de nouvelles thérapeutiques dites " moléculaires ciblées ", moins toxiques et plus faciles à administrer. Enfin, à l'IGR, lorsque les médicaments " classiques " ne sont plus efficaces ou trop toxiques, vous pouvez bénéficier des tout nouveaux médicaments dans le cadre d'essais thérapeutiques.
La surveillance cherchera à détecter précocement d'éventuelles rechutes et à traiter d'éventuelles séquelles des traitements.
Elle consistera en des examens cliniques et radiologiques réguliers.
Il est clair que l'arrêt du tabac et de l'alcool est indispensable. En effet sa poursuite expose à une augmentation du risque de second cancer. Une prise en charge spécialisée en tabacologie pourra être proposée.